éc(h)o-sphère - le blog d'alter-éc(h)o

 

// mercredi 30 mai 2007

Villes et territoires : un défi partagé par les maires autour de Strasbourg

Source : pro-environnement, mardi 29 mai 2007

Le 23 mai 2007, les maires du club de Strasbourg ont exprimé leur volonté d’œuvrer en faveur du développement durable.

« Nous voulons, à notre mesure, prendre une part active pour relever ce défi mondial. Nous réaffirmons notre volonté de construire des villes durables et de fonder notre développement sur le respect des hommes et de leur environnement » se sont exprimés les maires du club de Strasbourg le 23 mai dans une déclaration commune.

Faut il rappeler que le Conseil Européen du 8 et 9 mars 2007 a fixé des objectifs très ambitieux pour lutter contre le changement climatique et les maires se félicitent d’œuvrer localement sur une politique engagée à l’échelle européenne : « la politique de la mobilité urbaine, la problématique des déchets ou encore la gestion de l’habitat sont quelques-uns des leviers forts sur lesquels les villes peuvent agir pour contribuer à la préservation des ressources naturelles et à la maîtrise de la demande de l’énergie sur leur territoire.(…). Les villes sont au cœur de dynamiques locales émergentes qu’il convient de fédérer autour de véritables stratégies concertées et coordonnées en faveur d’une qualité de vie urbaine. »

La volonté politique s’accompagne donc d’un besoin de soutien financier : les solutions durables, qui requièrent souvent des investissements considérables (…) et les efforts importants consentis par les villes à cet égard méritent d’être reconnus et soutenus plus fermement, tant au niveau national qu’européen. Une signature qui fait plutôt office d’appel.

// samedi 26 mai 2007

Le tri sélectif ? Une évidence... mais pas tant que cela !

Des déchets mal triés et peu recyclés, article de Florence Amalou paru dans Le Monde du 25 mai 2007

C'est la Berezina. Alors que la quantité d'ordures ménagères ne cesse d'augmenter en France - 340 kg par an et par personne, un poids multiplié par deux en quarante ans -, seule une très faible partie de nos déchets est recyclée. Cela n'est pas sans conséquence : aujourd'hui, dix départements sont débordés par l'afflux d'ordures. Dans trois ans, si rien ne change, les trois quarts des départements seront saturés, sans capacité de les éliminer ou, mieux, de les recycler.

Quinze ans après la mise en place de la collecte sélective en France, chaque foyer se débarrasse en moyenne de 10 emballages alimentaires par jour. Des bouteilles, des boîtes, des barquettes, des briques, notamment. Certains sont en verre, d'autres en papier, en carton ou en plastique. Pour être réemployée une nouvelle fois, chaque matière devra être traitée de manière spécifique. D'où la nécessité de trier.

Difficile de s'y retrouver. Une bouteille de lait, par exemple, pourra être recyclée en pull, mais pas la barquette en plastique où sont enveloppés les biscuits à l'intérieur de la boîte en carton. Un prospectus publicitaire pourra être recyclé en papier, mais pas un bloc de feuilles... Ainsi, près de quatre emballages sur dix ne seront pas recyclés.

"On recycle 13 % des déchets ménagers et on en composte 6 %. C'est très faible par rapport à l'Autriche, où 59 % des déchets ménagers sont recyclés. Ou à la région wallonne, en Belgique, où l'on est proche des 70 %", explique Hélène Bourges, du Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid). En Belgique, on ramasse davantage, et on réutilise aussi. Les épluchures, les fleurs fanées, les sachets de thé, par exemple (qui constituent un tiers du poids de la poubelle), sont compostés. Dans chaque appartement, maison ou cour d'immeuble. En France, le compostage en est à ses débuts. L'envoi en décharge reste la solution la plus utilisée. Jusqu'à quand ?

Si chacun d'entre nous doit apprendre à moins jeter et à mieux trier, une réforme globale du système est nécessaire : la responsabilité laissée, depuis 1992, à chaque département et à quelques industriels de la collecte et du recyclage (Sita-Suez et Onyx-Veolia) - comme la délégation donnée à l'entreprise privée Eco-emballage - montre ses limites. "Le problème est que notre dispositif est incomplet. Nous avons commencé à nous préoccuper des emballages, et puis ensuite, plus rien", reconnaît Bernard Hérodin, le patron d'Eco-emballage. L'absence de vision globale empêche d'être efficace.

Les limites à l'efficacité du recyclage sont connues : chaque copropriété peut décider ou non d'avoir des bacs de tri ; les communes ont le choix de la couleur des poubelles (qui peuvent être des cagettes ou des sacs) ; le régime fiscal ne tient pas compte de la quantité de déchets par foyer, et ne permet pas de récompenser les bons citoyens - puisque les taxes d'enlèvement des ordures sont calculées sur le prix du foncier. Enfin, les industriels du recyclage s'intéressent en priorité à leur propre rentabilité.

Face à des emballages dont la composition se sophistique, les Français ne savent plus à quel bac se vouer et ne voient pas toujours l'intérêt du tri. A Paris, un camion sur trois est envoyé vers un incinérateur à cause d'erreurs de tri.

"Les particuliers ont une connaissance superficielle du recyclage et de son utilité", indique-t-on chez Verre Avenir, qui recycle le verre d'emballage. Les jeunes adultes et les citadins sont les moins motivés. Or, recycler le verre, c'est aussi faire des économies : le prix varie entre 68 euros et 133 euros la tonne selon qu'il est ou non recyclé. Mais l'information manque.

Au lieu d'avoir, par exemple, sur chaque emballage, un emblème ou un logo qui aiderait à identifier le bac de recyclage approprié, les fabricants préfèrent continuer leur autopromotion en apposant le "point vert" qui indique qu'ils ont bien payé leur cotisation (obligatoire) à l'éco-organisme. Ce qui est sans utilité pour le consommateur.

"C'est aussi une question de volonté de la part des professionnels du recyclage", affirme Mme Bourges. Contrairement à l'Allemagne, par exemple, pas question ici de recycler les sacs (sauf à Paris), les barquettes ou les pots de yaourt en plastique. "Il n'y a pas suffisamment de matière", répond Jean-Luc Le Blevec, directeur exécutif de SITA France. Question de rentabilité économique ou de priorité écologique ?

Sous la contrainte européenne, les industriels font, certes, des efforts. Ils réduisent la quantité de matière qui constitue les emballages : en dix ans, ceux en plastique ont perdu 28 % de leur poids, les briques alimentaires 24 % et les boîtes de conserve, 37 %. Ils cherchent aussi à développer une filière plus performante pour le recyclage du plastique. Mais tout cela n'est pas suffisant. L'absence d'intérêt politique pour nos poubelles a un coût. Bien au-delà de la nécessité impérieuse de préserver les ressources naturelles de la planète.

// lundi 21 mai 2007

Des "biocarburants" pas si bio que ça...

Au risque de jouer les rabats-joies, il m'est difficile de taire les limites des agro-carburants qui sont encore trop souvent présentés comme des solutions miracles aux problèmes environnementaux liés aux transports.

Les agro-carburants sont en général considérés comme "neutres" en carbone dans la mesure où ils ne font que relarguer le carbone qu'ils ont absorbé dans leur phase de croissance. Cependant la réalité est plus complexe et moins rose. Bien qu'ils soient issus de matières premières renouvelables, leur culture et leur transformation peuvent causer toute une série d'atteintes à l'environnement comme l'acidification du sol agricole ou la perte de biodiversité. En outre, le développement de la production énergétique agricole est en concurrence avec d'autres formes d'utilisation du sol telles que la production de denrées alimentaires ou la conservation de surfaces naturelles.

Une étude suisse s'est intéressée à l'impact global de ces carburants en comparaison aux énergies traditionnelles. Elle conclut que de nombreux biocarburants permettent de réduire de plus de 30% les émissions de gaz à effet de serre, mais que la majorité de leurs filières de production présentent, pour plusieurs autres indicateurs environnementaux, une pollution plus élevée que pour l'essence. L'étude conclut notamment qu'une majeure partie des atteintes causées à l'environnement par les biocarburants est due à la production des matières premières. Dans les régions tropicales, les nuisances causées par l'agriculture sont principalement dues au brûlis des forêts qui émet une grande quantité de CO2, accroît la pollution de l'air et porte fortement atteinte à la biodiversité. Dans les zones à climat tempéré, les atteintes à l'environnement sont avant tout causées par un faible rendement à l'unité de surface, la fertilisation parfois intensive et les labours mécanisés.

Mais l'étude conclut également que de grands efforts peuvent être faits de manière à réduire significativement ces impacts. Les agro-carburants ont donc encore du travail pour devenir vraiment "bio" (disons plutôt "écolo") et ils ne seront vraisemblablement jamais une solution "idéale" au problème énergétique. La meilleure solution reste et restera la modération, la réduction de la demande d'énergie !

Pour télécharger l'étude : http://www.news-service.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/8514.pdf (3,1 Mo)

// vendredi 18 mai 2007

Conclusions du groupe 3 du GIEC - quelques pistes d'actions

Le texte de Bangkok liste des pistes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce qu'il en ressort est qu'une politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre est possible, et une action rapide est nécessaire. A des coûts acceptables, voire avec des bénéfices indirects (santé, approvisionnement en énergie, création d'emplois).
Ce qu'il faut en retenir, c'est l'urgence de l'action, limiter la demande, accroître l'efficacité et enfin réduire les impacts...


Le constat
« Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 70 % entre 1970 et 2004. » Les pays riches constituent « 20 % de la population mondiale, mais 46 % des émissions ». Et si l'on ne conduit pas de politique de réduction des émissions, celles liées à l'énergie « pourraient augmenter de 45 % à 110 % entre 2000 et 2030 » du fait notamment des pays en développement.

Les actions recommandées
Agir vite : les économistes ont tranché le débat entre ceux qui préconisaient une action immédiate et ceux qui préféraient attendre des progrès techniques.
­Taxer le carbone émis pour inciter les acteurs économiques à réduire les émissions et investir dans des technologies efficaces.
­Energie : investir dans « l'amélioration de l'efficacité » énergétique plus que dans les capacités de production. L'utilisation des énergies renouvelables ainsi que la séquestration géologique dy carbone peuvent constituer des solutions complémentaires.
Transports : privilégier le rail et des voies d'eau par rapport à la route, améliorer « l'efficacité des véhicules » et accroitre la part des biocarburants.
­Bâtiment : « D'ici à 2030 environ, 30 % des émissions prévues des bâtiments peuvent être évitées. »
Industrie : les possibilités de réduction se situent « essentiellement dans les industries intensives en énergie ».
Agriculture : des pratiques agricoles peuvent « stocker le carbone dans le sol » alors qu'il est nécessaire de mettre en oeuvre des stratégies pour réduire « les émissions de méthane et de protoxyde d'azote ».

Ce qu'il ne faut pas faire
« Les options de géo-ingénierie, comme la fertilisation de l'océan afin de soustraire directement le CO2 de l'atmosphère, ou le blocage de la lumière solaire en plaçant des objets dans la haute atmosphère, demeurent largement spéculatives et non prouvées, avec des risques d'effets collatéraux inconnus. » Il ne faut donc pas compter sur ce genre de miracle (mirage ?) technologique.

Combien ça coûte
« Une stabilisation des concentrations en équivalent CO2 entre 535 et 590 parties par million (380 aujourd'hui, ndlr) entraînerait une diminution de 0,1 % du taux de croissance moyen annuel d'ici à 2030. » Bien moins que les dégâts du changement climatique.


Source : Article de Sylvain Huet dans Libération du 5 mai 2007

// samedi 12 mai 2007

Les démarches environnementales proactives : des atouts pour l’entreprise

Extraits de l’article de C.SEGHIER, paru sur actu-environnement.com le 11/05/2007 et intitulé : Merrill Lynch confirme l'atout des entreprises qui adoptent une démarche environnementale proactive


Selon une étude du groupe Merrill Lynch, les entreprises qui prennent des initiatives dans le domaine de l’environnement peuvent réduire leurs coûts opérationnels et se démarquent de leurs concurrents en identifiant de nouveaux marchés porteurs.


L’étude s’articule autour de plusieurs points : bénéfices au sens large de l’adoption d’une approche pro-environnementale, impact des pressions réglementaires croissantes sur les entreprises en termes de réduction des émissions, demande croissante des investisseurs pour davantage de transparence au niveau des émissions de carbone et influence de la prise de conscience écologique du grand public sur les habitudes d’achat.

L’étude montre que parmi les bénéfices tirés d’une approche proactive en matière d’environnement figurent la diminution du risque d’interruption de la chaîne logistique et de la main-d’œuvre et l’amélioration de la gestion des risques. Par ailleurs, compte tenu de l’importance accrue accordée par l’ensemble des gouvernements à la réduction des émissions de carbone à l’échelle mondiale, les entreprises qui montreront l’exemple en matière de respect de l’environnement pourraient contribuer à façonner les nouvelles politiques et réglementations. À terme, nous estimons qu’il sera de plus en plus difficile pour les entreprises de poursuivre leurs pratiques néfastes en matière d’environnement, dans la mesure où les gouvernements multiplient les réformes législatives, où les investisseurs adoptent une position plus engagée sur ces questions et où les consommateurs demandent une plus grande transparence tout au long de la chaîne logistique, souligne Zoe Knight, responsable de la recherche sur l’investissement socialement responsable chez Merrill Lynch et auteur de cette étude. De notre point de vue, le marché devrait valoriser ces risques en conséquence du point de vue financier et de la réputation des entreprises.

Par ailleurs, alors que la législation devrait se durcir et affecter un grand nombre de secteurs, l’auteur de l’étude prévient que les pouvoirs publics pourraient imposer de graves sanctions financières aux entreprises qui ne respecteraient pas la législation en matière d’émissions de carbone à moyen et long terme.


Lire l’intégralité de l’article sur actu-environnement

// mardi 8 mai 2007

L'objet qui tue...

Terra Economica a eu la très bonne idée de réaliser dans chacun de ses numéros une rubrique intitulée L'objet "qui tue". Toutes les deux semaines, l'impact environnemental d'un objet de la vie courante est passé au crible. Non, un brin de muquet, un bloc de beurre ou un mouchoir en papier ne sont pas insignifiants pour l'environnement. Autre bonne idée de Terra Economica, mettre en ligne chacune de ces analyses, disponibles gratuitement à tous. A découvrir absolument donc !

Pour se faire une petite idée, voilà l'analyse faite en mai 2006 pour le papier toilette...

Son invention, en Chine, remonte au XIVe siècle. Son côté pratique n’est plus à démontrer. Mais son impact sur les ressources forestières inquiète.

Un Européen utilise 13 kilogrammes de papier hygiénique par an. Une statistique qui rend l’industrie concernée tout sourire. Son chiffre d’affaires pour l’ensemble des papiers ménagers est en effet estimé à 8,5 milliards d’euros par an en Europe. Problème, dénonce l’organisation de protection de la nature WWF, "270 000 arbres sont utilisés chaque jour sur la planète pour la production de ces produits ménagers". Selon l’ONG, la situation est "grave" et doit d’urgence être améliorée.

Comment ? En étudiant la consommation de papier hygiénique en Suisse, l’organisation s’est aperçue que 10% seulement du papier ménager utilisé chez nos voisins était d’origine recyclée. Le WWF fait même dans la métaphore et estime que la consommation quotidienne de papier toilette en Suisse est équivalente à la superficie de 22 terrains de football, "soit 5 000 arbres". Une autre étude du WWF a décortiqué en 2005 le travail des cinq plus gros acteurs industriels du secteur (Procter & Gamble, SCA, Kimberly Clark, Metsa Tissue et Georgia Pacific). Consommation d’eau, d’énergie, émissions de CO2 : tout y passe.

Conclusion : la solution réside dans le recyclage du papier toilette. Seul hic : en France, le groupe Hygiène, qui rassemble les acteurs du marché, s’estime "incapable" de déterminer l’offre d’origine recyclée disponible. La priorité réside sans doute ailleurs.



Lien direct vers la rubrique sur Terra Economica : http://www.terra-economica.info/-L-Objet-.html

// samedi 5 mai 2007

Conclusion du 3ème rapport du GIEC : La lutte contre le changement climatique financièrement possible

Quelques extraits choisis d'un excellent article paru dans Le Monde

BANGKOK - Il faudra réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre dans les 50 prochaines années pour contenir le réchauffement climatique mais cet effort ne coûtera qu'une petite fraction du PIB mondial (ndlr : 0,12% du PIB mondial pour limiter à 2° la hausse), selon un rapport approuvé par des experts réunis sous l'égide de l'Onu.

« C'est un prix peu élevé pour réduire le risque d'une dégradation climatique majeure », a déclaré à Reuters Bill Hare, conseiller de Greenpeace et coauteur du rapport. ... « C'est un grand rapport, très vigoureux, qui montre qu'il est économiquement et techniquement possible d'obtenir des réductions d'émissions assez importantes pour limiter le réchauffement à deux degrés », a-t-il dit.

Le document met en évidence le rôle des énergies nucléaire, solaire et éolienne, de bâtiments et de modes d'éclairage plus économiques, ainsi que les moyens de filtrer le dioxyde de carbone rejeté par les centrales à charbon, les plates-formes pétrolières et gazières.

Les experts notent aussi pour la première fois que des changements de mode de vie peuvent contribuer à la lutte contre le réchauffement planétaire.

Le document, sur lequel se sont mis d'accord experts et responsables de plus de cent pays, dresse un bilan des dernières recherches sur le coût et les moyens de réduire les émissions à effet de serre. C'est un guide sur lequel peuvent s'appuyer les Etats mais qui ne leur dicte pas de politique précise.

Le message n'en est pas moins clair - la balle est dans le camp des gouvernements et les retards ne sont plus acceptables.

« Aucun prétexte ne peut justifier qu'on attende », a estimé Stravros Dimas, commissaire européen à l'Environnement.

Jacques Chirac a pour sa part estimé que le coût des mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique était « non négligeable mais assurément bien inférieur à celui des conséquences qu'aurait le réchauffement climatique si ce phénomène n'était pas maîtrisé ».

Le président français appelle la communauté internationale à ouvrir les négociations sur « l'avenir du Protocole de Kyoto » pour parvenir avant 2009 à un nouvel accord « par lequel les grands pays émetteurs s'engageront à diviser par deux leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. »


La maison brûle, Jacques Chirac en a encore et toujours conscience... espéront que son successeur sera plus efficace pour stopper les ravages...

// jeudi 3 mai 2007

"C'est pour notre fraise"

Voilà déjà quelques semaines que l'on trouve dans les supermarchés et les restaurants de "délicieuses" fraises (sans compter ceux qui en proposent toute l'année). Elle viennent d'Espagne ou du Maroc. Mais au-delà du problème écologique posé par le transport de ces denrées dont la saison n'est pas encore arrivée chez nous, ces pauvres fraises pourtant si attrayantes (tant par leur aspect extérieur que par leur prix) cumulent les points noirs.
Un très bon article, paru ce mercredi dans Le Canard enchaîné (sous Conflits de canard) en fait un petit inventaire...

Vous n'avez pas pu la rater, la fraise d'Espagne. Bien rouge, bien ronde, bien calibrée, autant de goût qu'un fruit en plâtre. Elle se "fabrique" dans le sud de l'Espagne, sur 5000 hectares où s'affairent des centaines d'ouvriers agricoles sous-payés venus du Maghreb et d'Europe de l'Est (voir le film We feed the world). On l'enferme sous des kilomètres de tunnels en plastique, on la bourre d'engrais et on l'asperge d'insecticides et de fongicides. Tous les jours, 400 tonnes de fraises espagnoles prennent la route des supermarchés français. Une juteuse affaire pour les centrales d'achats qui déboursent 1,5 euro le kilo contre 2 pour la fraise française.

Hic : elle constitue un fléau écologique, d'après la branche espagnole du Fonds mondial pour la nature (WWF). Tout autour du parc national de Donana, où poussent 95 % des fraises ibériques, l'irrigation intensive a pompé la moitié des nappes phréatiques, dont l'eau est désormais bourrée de nitrates. Qui plus est, 110 hectares sur 2000 cultivés illégalement, empiètent sur le parc naturel. Autre joyeuseté : chaque année, 4500 tonnes de résidus plastiques sont éparpillées dans la nature.

Fraise sur le gâteau, WWF a détecté dans l'eau, l'air et le sol du bromure de méthyle, un pesticide interdit par l'Union européenne notamment parce qu'il détruit la couche d'ozone. Alors, on se pose la question : qu'est-ce que çà donne dans l'assiette ? Et là, on tombe du fraisier : en 2005, la Répression des fraudes s'est contentée, toutes origines confondues, d'analyser... 112 échantillons de fraises seulement ! Pour y trouver à peine 24 % de barquettes, sans traces de pesticides, et 16 % au-dessus des limites autorisées. Olé !


Il va sans dire qu'il en est de même pour les "belles" tomates (toujours d'Espagne ou du Maroc) qui se font désirer toute l'année.
Il devient de plus en plus difficile pour le consommateur de se rappeler des saisons des produits qu'il consomme. La meilleure solution, selon moi, reste de s'approvisionner chez de petits producteurs locaux (par le biais d'AMAP, sur le marché, etc.) qui produisent des aliments locaux, de saison et de qualité...

// mardi 1 mai 2007

Vous vous êtes engagés pour le "Défi pour la Terre" de Nicolas Hulot ? C'est bien mais...

Vous faites très certainement partie de ces dizaines (voire centaines) de milliers de personnes qui se sont engagés à avoir des comportements plus responsables vis-à-vis de la Terre par le biais du Défi pour la Terre de la fondation Nicolas Hulot. La technique est simple... vous cochez l'une des 10 cases proposées ("je préfère une douche rapide au bain" par exemple) avec l'engagement de respecter vos promesses. Mais combien d'engagements avez-vous pris ? 2 ? 5 ? Tous les 10 ? Peut-être même aviez-vous pris des engagements personnels autres que ceux proposés ? Aujourd'hui, quelques semaines après... vous souvenez-vous encore de vos engagements ? Les avez-vous respectés ?
Il ne s'agit pas de critiquer cette initiative très intéressante mais simplement d'en analyser les fonctionnements. Et il me semble que ce ne soit pas la technique la plus efficace pour véritablement faire changer les comportements.
C'est pourquoi je propose d'autres alternatives à mettre en œuvre pour sensibiliser et responsabiliser le personnel d'une entreprise ou les habitants d'un territoire (commune ou autre sphère). Il me semble qu'un suivi des engagements est nécessaire et qu'il doit être accompagné d'autres mesures. Je propose donc d'utiliser le même type de charte d'engagement et d'y adjoindre notamment un processus de suivi par le biais d'un petit questionnaire qualitatif envoyé régulièrement à ceux qui se sont engagés et destiné à voir les évolutions de comportements. Il devient alors possible de mesurer l'impact de la campagne et pour les participants de voir véritablement leurs évolutions tout en apportant une motivation supplémentaire.
L'association strasbourgeoise ARAN, par le biais de son projet Neudorf Zone Climatest, est allée dans ce sens il y a quelques années maintenant en proposant un suivi très précis par le biais d'une analyse de type Bilan Carbone (méthode développée par l'ADEME). La démarche est très certainement la plus efficace mais elle est également lourde à mettre en œuvre, à la fois pour ceux qui y prennent part et pour ceux qui accompagnent la démarche. Le projet que je propose est à mi-chemin entre ces deux démarches : plus responsabilisante que le défi de Nicolas Hulot mais moins lourde que le projet de l’ARAN… Il ne veut en tous cas aucunement se substituer à ces deux solutions mais simplement proposer une alternative complémentaire.

Plus d’informations sur ce projet, ses déclinaisons possibles et les modalités d’accompagnement par alter-éc(h)o seront bientôt disponible sur le site www.alter-echo.fr.

© 2006 Hector Lim | Design Hito | Blog propulsé par DotClear
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.