La France en retrait malgré un fort potentiel

Un coup d'oeil sur l'état des lieux du marché permet de voir à quel point la France est à la traîne. Le trio de tête, leader actuel du marché, est presque toujours le même: Allemagne, Etats-Unis et Japon. La France est bonne dernière dans 10 filières sur 17, devancée parfois par la Chine, l'Espagne ou encore l'Autriche.

Au fil des pages, le CGDD s'étonne parfois du retard pris dans des secteurs où pourtant la France dispose de forts atouts. Par exemple en chimie verte, alors que l'industrie chimique du pays occupe le cinquième rang mondial. La France est aussi inexistante dans le top 10 mondial de l'éolien. Idem pour l'usage du bois qui représente le deuxième poste de déficit de la balance commerciale (6,3 milliards d'euros) alors que les forêts recouvrent le tiers du territoire.

«Aucune technologie n'est véritablement hors de portée. L'enjeu réside dans la capacité de la France à valoriser ses connaissances tout en faisant émerger des acteurs industriels», encourage la directrice du CGDD, Michèle Pappalardo.

Stratégie d'attaque

Pour les secteurs prioritaires, le rapport préconise l'aide de l'Etat: «ces filières ont besoin d'une feuille de route stratégique claire, d'un investissement public massif». Cela passe, entre autre, par la création de plateformes technologiques et de développement des compétences.

Pour les filières où la politique doit être plus offensive, l'étude propose de créer un tissu de PME exportatrice qui pourra donner naissance à de grands groupes. Il faudra pour cela un soutien public à la recherche et la création d'infrastructures.

Enfin, pour les filières déjà matures, l'idée est de soutenir les programmes existants ou créer des pôles d'excellence selon l'industrie concernée.

Autant d'investissements évalués à plusieurs dizaines de millions d'euros selon les filières.

La CGDD n'omet pas non plus le potentiel que représente les PME étrangères présentes sur le sol français. Un tissu d'entreprises dont il faut encourager l'installation, «sachant que le retard français dans certains domaines parait difficile à rattraper, et qu'il ne faut pas se priver des emplois qui résulteront de l'installation d'entreprises étrangères sur le territoire français», note l'étude.

Pour aller plus loin

Ce rapport, qui donne les grands axes d'orientation du Grenelle de l'environnement, doit encore être complété par des contributions extérieures. Une vaste consultation nationale est ouverte jusqu'au 15 janvier 2010 pour recueillir les avis de l'ensemble des acteurs du secteur. Il s'agira de déterminer les projets prioritaires qui bénéficieront du grand emprunt lancé en 2010. L'enjeu est de taille puisque le gouvernement table, pour cette filière verte, sur des bénéfices supérieurs à 450 millions d'euros et sur la création de 600.000 emplois en moyenne sur la période 2009-2020.